Le blog des Infiniters

Blog collaboratif sur le jeu de rôle textuel (RPG)


COFFRET INFINITE RPG - BESTIAIRE DES ENVIRONS DE LA TERRE DE FANGH

Enlève Adblock pour soutenir Infinite RPG

Débat Infiniters #6 Jeu de rôle et écriture : le compte-rendu

Partager l'article sur les réseaux sociaux :

À l’occasion du concours Vis Ma Vie de Rôliste n°2, plusieurs rôlistes se sont réunis afin de discuter du rapport entre jeu de rôle et écriture lors sixième débat entre Infiniters le vendredi 20 mai.

Le JDR textuel, vrai JDR ou faux JDR ?

Pour certains rôlistes se considérant comme puristes, la notion de jeu de rôle renvoie avant tout au jeu de rôle sur table, type Donjons & Dragons pour ne citer que le plus connu. Les jeux de rôle textuels constitueraient alors une sorte d’adaptation et la question de leur légitimité en tant que jeux de rôle serait examinée en fonction de la ressemblance de leur fonctionnement avec celui des JDR sur table. Certains se demandent ainsi si l’on peut encore parler de jeu de rôle quand il n’y a pas de maître du jeu, de lancer de dés ou de fiche de personnage ; à leurs yeux, il s’agirait alors plutôt de jeu d’écriture par forum par exemple.

Reste encore à savoir s’il est vraiment pertinent d’établir une telle distinction, puisque le jeu de rôle ne se limite pas aux jeux de rôle sur table et existait déjà bien avant ; aussi les caractéristiques de ce dernier ne seraient pas nécessairement les meilleures pour circonscrire le concept de jeu de rôle qui semble bien plus large que cela. Mais alors qu’est-ce qu’un jeu de rôle ? Le problème est là : il est assez ardu d’obtenir une définition claire et nette du jeu de rôle, et ça ne nous aide pas à faire avancer le schmilblick.

En quoi le JDR est-il un jeu ?

Certains d’entre nous, et c’est notamment le cas parmi le panel de rôlistes réunis pour ce débat, ont découvert le jeu de rôle très tôt, aux alentours de 10 ans. À cet âge-là, la dimension ludique prend le pas sur la dimension littéraire : on est là pour jouer, pour s’amuser, pour incarner un personnage et inventer des histoires agréables à raconter et à vivre, et on se préoccupe généralement encore assez peu de son style.

D’ailleurs, certains rôlistes découvrent les jeux de rôle textuels en effectuant des recherches sur leurs séries littéraires favorites, qu’il s’agisse d’Ewilan ou d’Harry Potter : confrontés à un univers qui les séduit et les captive, ils veulent pouvoir prolonger l’expérience d’une façon ou d’une autre et les jeux de rôle textuels sont l’idéal pour cela. Les JDR dérivés d’œuvres existantes servent donc souvent d’initiation aux rôlistes, qui retrouvent un monde connu qui les attire alors vers un jeu a priori inconnu. La dimension ludique règne ici en maître, puisque c’est la perspective de jouer un personnage dans un monde persistant qui attire le joueur, qui ne cherchait pas nécessairement à exercer sa plume à l’origine.

Il faut noter, comme le souligne Guillaume, que le JDR textuel se rapproche du JDR sur table à ce titre puisque ce dernier compte aussi un certains nombres d’opus dérivés d’œuvres littéraires existantes (comme celles de Tolkien ou de Lovecraft).

De fait, le principe fondamental du jeu de rôle, et ce qui le fait différer d’autres formes textuelles comme les fanfictions, c’est l’interaction : on dépend des actions des autres, on est là pour échanger sur un même terrain d’imagination défini par le contexte, participer à un jeu collaboratif dans lequel on peut jouer les uns avec les autres, voire même les uns contre les autres comme le rappelle Lnou, en évoquant le cas des RPG Marvel, par exemple.

Au final, l’objectif du jeu de rôle est de s’amuser, tout simplement. À la différence du JDR sur table, on ne retrouve pas nécessairement d’objectif « in game » : là où les personnages de JDR sur table ont souvent des objectifs concrets à atteindre (à l’exception des jeux d’ambiance), cela n’est pas vraiment le cas sur les JDR textuels.

En général, ce sont les joueurs qui fixent des objectifs à leurs personnages, sans avoir forcément l’intention de les faire atteindre ledit objectif. Les objectifs, sur les JDR textuels, sont cachés, tacites : il s’agit de faire vivre son personnage, de le faire évoluer, lui faire traverser des situations intéressantes et, encore une fois, de réussir à s’amuser avec, le plus longtemps possible. L’idée, c’est vraiment d’être capable de renouveler les intrigues de son personnage pour réussir à le faire évoluer sans se lasser.

Écrire pour écrire, ou écrire pour jouer ?

Quelque part, l’opposition qui peut exister entre jeu d’écriture et jeu de rôle relève davantage de la posture des auteurs dont il est question que de l’usage ou non de fonctionnalités secondaires propres aux JDR sur table (telles que le lancer de dé, etc.). La question est de savoir si l’on écrit par plaisir d’écrire, par pulsion, pour le plaisir de créer et coucher ses mots sur un écran, ou si l’on écrit davantage pour jouer, interagir avec autrui et inscrire son personnage dans une grande fable construite à plusieurs. Au final, l’intention prime les moyens utilisés et si l’on est rôliste avant d’être écrivain (ou l’inverse) c’est avant tout parce que c’est ainsi qu’on le ressent.

En effet, nous n’entretenons pas tous le même rapport à l’écriture, et n’avons pas tous les mêmes prétentions. Certains utilisent le jeu de rôle textuel comme un entraînement, avec la ferme intention de publier un livre plus tard. Pour d’autres, il ne s’agit que d’un jeu, qui ne mérite pas qu’on le prenne au sérieux. À vous de voir où vous vous situez sur ce spectre : est-ce que vous utilisez l’écriture comme un outil, un moyen de jouer, une manière d’apprendre ou est-ce que l’écriture, pour vous, c’est le jeu ?

L’idéal, comme l’évoque les rôlistes présents lors du débat, c’est peut-être concilier les deux, de lier l’utile à l’agréable en développant son style, son vocabulaire, voire son orthographe tout en jouant.

Le jeu de rôle, un moyen d’apprentissage ?

Comme on l’a évoqué plus tôt, un grand nombre de rôlistes découvrent le jeu de rôle textuel en étant attiré par l’aspect ludique. L’aspect littéraire vient souvent après coup, quand le rôliste commence à ressentir l’envie de s’améliorer, envie fréquemment suscitée par le présence de jolies plumes autour de soi.

En effet, un élément récurrent dans le discours des rôlistes, quand ils dépeignent le quotidien de leur loisir favori, c’est cette pression qu’ils peuvent ressentir vis-à-vis de leur partenaire. Quand quelqu’un rédige un RP (message roleplay, posté par un rôliste pour jouer son personnage ; voir notre lexique) pour toi, tu as envie de faire aussi bien – c’est normal, c’est humain. Sauf qu’il est assez délicat de jauger la qualité d’un RP, et la tâche devient encore plus délicate quand il s’agit de jauger celle de son propre RP. À défaut de pouvoir attribuer une valeur objective aux textes, on se fie aux seuls nombres disponibles : les nombres de mots ou de lignes ; on en revient à l’éternel débat quantité versus qualité. Et quand nous n’écrivons pas autant que le partenaire RP, on se sent mal, et on a du mal à dépasser le complexe. Il faut croire qu’on ne le dit pas assez, aussi je vais le répéter ici : non, la longueur, ça ne compte pas.

En outre, le JDR permet également aux rôlistes d’apprendre à structurer un scénario, à mettre au point des rebondissements ainsi qu’à inventer et mettre en place des personnages comme en témoigne Guillaume, qui a recours à l’aléatoire pour être sûr de sortir de la banalité : en tirant aux dés les caractéristiques de ses personnages, il met toutes les chances de son côté pour ne pas être influencé par sa propre personnalité et risquer de créer des personnages trop ressemblants les uns des autres. Justine, quant à elle, ajoute que le JDR l’a aidée à apprendre à construire des personnages cohérents, vraisemblables.

Enfin, un autre aspect du jeu de rôle textuel est son aspect social. En participant à la vie d’un RPG, en écrivant avec autrui, on apprend à combattre notre éventuelle timidité, à nous exprimer et à assumer nos idées. Pour les plus introvertis d’entre nous, c’est une façon merveilleuse de nous ouvrir aux autres. D’une certaine façon, cela nous permet également de développer notre empathie, en incarnant des personnages qui ne nous ressemblent pas forcément et en nous mettant, de ce fait, à leur place.

N’hésitez pas à participer au débat rétrospectivement en laissant vos commentaires ICI ou sur la vidéo en replay sur Youtube !

 
Partage cet article sur les réseaux sociaux !

Retrouvez infinite RPG surIcone Facebook Icone Facebook Icone Youtube Icone Twitter Icone tumblr Icone RSS

-5% Chez notre partenaire Pelopia

Enlève Adblock pour soutenir Infinite RPG

A noter : Le blog des Infiniters publie des articles proposés bénévolement par tout membre de la communauté infinite RPG, qui respecte notre charte éditoriale. Le rédacteur est un contributeur externe à l'équipe d'infinite RPG. Son avis n'engage que lui, dans son article et dans ses commentaires, et pas l’entité Infinite RPG.
Deviens contributeur et propose-nous un article !


Contributeur de l'article
Midnight Wraith

Midnight Wraith (6 articles)

Amatrice de RPG, Midnight Wraith flâne sur les jeux de rôle textuels depuis plus de dix ans. De nature curieuse, elle aime découvrir de nouveaux RPG et s'intéresse à tous les genres, de la medieval fantasy au city en passant par la science-fiction et le fantastique.

 
Icone tumblr
 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 

-5% Chez notre partenaire Pelopia

Enlève Adblock pour soutenir Infinite RPG

“A ce moment-là, je jure que nous étions l'infini.”

Le monde de Charlie, Stephen Chbosky